Pratiquer la méditation

Quelles sont les différentes façons de pratiquer la méditation de la pleine conscience  ?

La méditation assise de pleine conscience est une pratique formelle. La façon de pratiquer reste identique. Il existe d’autres pratiques de pleine conscience. Mais l’assise est assez ritualisée.

Nous cherchons a nous installer dans une posture assise, stable et ajustée, le dos droit, qui nous permet de nous maintenir dans l’immobilité pendant toute la durée de la méditation. Nous nous asseyons en fonction des possibilités du corps, soit au sol, sur un coussin ou un banc de méditation, soit sur une chaise.

La durée de la méditation peut varier, selon le public (enfants ou adultes – débutants ou confirmés) : un minimum de 20mn, une moyenne de 30-35mn pour les adultes, de 2 à 10mn pour les enfants.

La guidance proposée pour la méditation assise est structurée de façon à s’entraîner à mobiliser l’attention sur différents phénomènes intérieurs et extérieurs et progressivement et à pouvoir maintenir cette attention sans effort .

A partir de combien de séances, pouvons-nous observer des bénéfices ?

Il s’agit de savoir de quels bénéfices nous parlons.  la première méditation, nous pouvons expérimenter un bienfait, tel que du soulagement ou de l’apaisement dans le corps comme dans l’esprit. Ce premier niveau de bienfaits est recherché par tous. C’est d’ailleurs ce qui conduit les personnes à poursuivre. Plus nous pratiquons, plus nous constatons des bénéfices : sur le plan physique, sur le plan de l’énergie vitale, au niveau émotionnel… C’est la régularité de la pratique qui nous conduit à réaliser un travail de fond ; un travail de l’esprit qui permet de désamorcer progressivement les comportements qui génèrent en nous de la souffrance.

Quels types de séances peuvent-être proposées ? (individualisées ? personnalisées ? collectives ?)

La guidance proposée,  lors des méditations assises, est structurée et structurante. Elle conduit à vivre une expérience personnelle. En cela, bien que la séance soit collective, elle a pour chacun une résonance très personnelle.

En fonction du type de séances menées, y a t’il une différence dans les résultats obtenus ?

Ce n’est pas tant le type de séances mais davantage le contenu de la guidance et la fréquence de la pratique de méditation qui amènent des résultats visibles et durables.

Quelles sont les indications pour les personnes présentant un stress aigu ?

Ces personnes doivent être prises en charge par des professionnels de santé qui pourront leur proposer un accompagnement thérapeutique, avec ou sans traitement médicamenteux, de suivre un programme MBCT ou MBSR, de faire appel à des approches telles que la sophrologie, à des pratiques corporelles telles que la relaxation, le qi gong, le yoga et parfois à des approches énergétiques telle que le reiki ou le yoga du son… La voie de guérison peut passer par la combinaison de plusieurs approches qui, au lieu de s’opposer, se conjuguent.

En quoi la méditation de la pleine conscience est-elle différente d’une autre méditation ? Quelles en sont les spécificités ?

La méditation de pleine conscience consiste à contempler, en dirigeant l’attention de manière volontaire, les phénomènes intérieurs et extérieurs qui constituent l’expérience du moment présent, d’instant en instant. La pratique est rattachée aux enseignements du bouddha (le dharma) et à une éthique respectueuse du vivant qui permettent de mobiliser la vision profonde, de développer une plus grande conscience et de s’éveiller davantage.

Comment la pratique de la pleine conscience développe t-elle l’intelligence émotionnelle et l’intelligence intuitive ?

Les enseignements et la pratique régulière de la méditation conduisent à comprendre les phénomènes, comme par exemple celui des sensations affectives, des émotions et de l’intuition. Cette connaissance, fruit de l’observation et de l’expérience directe, génère de nouvelles attitudes intérieures et une ouverture de l’esprit et du cœur qui donnent accès à une compréhension profonde, provenant de la source de sagesse qui est disponible en chacun.

Parcours de formation

Quelle méthode serait adaptée pour former les professionnels soignants ou les futurs professionnels soignants à la pleine conscience ?

Selon moi, c’est la pratique de groupe hebdomadaire qui serait la plus adaptée, avec une mise en lien aux enseignements et soutenue par la pratique individuelle.

Comment évaluer le changement, l’évolution ?

C’est par la « pratique du partage », telle qu’elle m’a été enseignée, que les personnes parviennent à une évaluation directe. Le groupe en est le témoin.

APPRENDRE LA méditation DE PLEINE CONSCIENCE EN formation IFSI ou EN formation continue  ?

Une initiation en IFSI permettrait de sensibiliser l’ensemble des étudiants et d’installer une pratique régulière. Les contenus de formation et le volume horaire étant déjà bien denses, ils ne permettront pas d’aller bien plus loin. La formation continue, pourrait elle prendre ensuite le relais, afin d’approfondir avec les enseignements et en proposant des formats plus intensifs, des retraites par exemple.

En quoi la pratique de la méditation de la pleine conscience par un professionnel de santé, serait-elle bénéfique dans la prise en charge des personnes soignées ?

La pleine conscience, ses enseignements, son éthique et la pratique de méditation assise, est une voie de guérison, de transformation et de libération.

En empruntant cette voie, les professionnels de santé l’expérimentent, avant tout, pour eux-mêmes. De cette manière, ils l’incarnent. Ils sont davantage dans la pleine conscience, ce qui a déjà un effet immédiat, sur la prise en charge des personnes soignées, car elles le ressentent, le perçoivent. Le second effet, c’est que ces professionnels ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de mettre en mots, de partager, de témoigner et de transmettre leur expérience et la compréhension qu’ils en ont eu. 

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